Un mois, un bâtiment
Chaque mois, retrouvez l’histoire d’un bâtiment de la Ville.
Ce mois-ci : Le retable dédié à Saint Michel de la chapelle de Beuvange .
La chapelle Notre-Dame des Neiges à Beuvange-sous-Saint-Michel conserve dans ses murs une oeuvre très intéressante : un retable en calcaire représentant le combat entre Saint Michel et le dragon. Cette sculpture fut transférée en 1840 de la chapelle située au sommet du Mont Saint-Michel, où elle ornait le maître-autel, vers le village afin de la protéger.
En effet, le lieu de culte construit en haut de cette petite colline tombe progressivement en ruine depuis le XVIIIème siècle. Ce petit édifice fut construit au XIIIème siècle par Arnould de Volkrange afin d’accueillir, selon la légende, son gendre, Guerlach de Neuersbourg, qui avait contracté la lèpre lors de son retour de croisade. Après dix ans d’agonie, il fut inhumé au pied de l’autel.
Au XVème siècle, la construction romane ne semble plus convenir et une nouvelle chapelle, de style gothique, est édifiée. Elle est consacrée en 1455.
Au XVIème siècle, le lieu semble trouver un regain d’intérêt puisque une messe y est célébrée toutes les semaines à partir de 564 et un ermite s’y retire en 1586. C’est à cette date que Jean, Curé de Volkrange, Jean Metzinger et Jean Kurtz offrent le retable pour orner l’autel dédié à Saint Michel, comme en témoigne l’inscription en allemand située dans la partie inférieure de l’oeuvre. Des écus placés juste au-dessus nous renseignent sur la profession de chacun. Si le calice symbolise la prêtrise, déjà évoquée, la serpette d’une part, le soc et le coutre d’autre part, sont les attributs du vigneron et de l’agriculteur.
Dans la partie supérieure, le protecteur du lieu, Saint Michel, est sur le point de gagner son combat contre le démon. L’archange, portant l’armure, est nimbé et déploie de grandes ailes dorées. Un long manteau rouge flotte autour de son cou, lui donnant plus l’apparence d’un foulard. Cet élément vestimentaire apparaît dans la légende du Mont Gargan, le saint l’ayant oublié dans la grotte.
A ses pieds, le dragon, être hybride mi-homme mi-reptile, le Malin ouvre en grand sa gueule comme si Saint Michel avait pour projet de lui faire avaler son bouclier. Dans l’iconographie traditionnelle, le Diable, lors de son combat avec l’Archange, est plutôt incarné par un dragon « plus classique », c’est-à-dire une sorte de dinosaure ailé. Cette forme, plus humaine, est réservée aux démons qui peuplent l’Enfer dans les représentations médiévales du « Jugement Dernier ».
La grande épée brandie par le saint est un attribut essentiel. Elle évoque son rôle de chef de l’armée céleste. Elle devait dépasser largement de la pierre et le fait qu’elle soit dorée donnait un certain éclat à l’oeuvre.
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