Marché aux puces dimanche 27 mai de 6h à 12h place de la Liberté..........

Exposition

HISTOIRE DE POILS

samedi 28 avril au dimanche 2 septembre

Petite enfance

LA LUDOTHÈQUE SE (RE)MET AU VERT !

mercredi 2 mai au mercredi 27 juin

Sport

CHAMPIONNAT D'EUROPE PISTE 1/8 ÈME

lundi 21 mai au samedi 26 mai

Seniors

Repas dansant

mercredi 23 mai

Cinéma

Comment voler un million de dollars

mercredi 23 mai

Voir tout l'agenda

Merlin de Thionville

Épisode méconnu de la Révolution : Merlin de Thionville participa activement à la chute de Robespierre. Les deux hommes ne s'aimaient guère. Séparés par l'histoire, ils sont proches par la géographie puisque Thionville possède une avenue Merlin et un square Maximilien de Robespierre...

Antoine Merlin (1762-1833), dit Merlin de Thionville, est le Thionvillois qui s'est le plus distingué durant la Révolution. Sa personnalité complexe et méconnue, ses prises de position et ses actions parfois difficiles à comprendre méritent de s'y intéresser. Elu député de la Moselle le 4 septembre 1791, il va se distinguer à l'Assemblée législative. Une de ses phrases est restée célèbre: «Votons la paix aux peuples et la guerre aux rois». Cependant, il protégea la famille royale à deux reprises lors des insurrections: le 20 juin et le 10 août 1792. Il agira de même en sauvant du massacre les nobles emprisonnés à Arras, car il réprouvait la violence inutile. Elu à la Convention nationale en septembre 1792, il est nommé commissaire, défend Mayence puis est envoyé en Vendée. Courageux, organisateur plein de sens pratique, il répugne toutefois aux excès et, bien que Montagnard, il compte parmi les modérés. En conflit avec Robespierre Il ne s'entendait guère avec Robespierre. Lorsque «L’Incorruptible» rapporta perfidement des accusations contre Danton au club des Jacobins, Merlin défendit ce dernier (3 décembre 1793). Lors de la célébration de la fête de l'Etre suprême le 8 juin 1794, alors que Robespierre s'était placé en avant du cortège, une femme cria «Vive Robespierre». Merlin lui dit «C'est vive la République qu'il faut crier». Robespierre ne lui pardonna pas et fit courir le bruit que le Thionvillois était l'homme de la «capitulation de Mayence». Merlin dut se cacher pendant deux mois, jusqu'au 9 thermidor, pour éviter l'échafaud mais participa très probablement à la préparation du coup d'état des Thermidoriens. Il a laissé un petit opuscule, «Portrait de Robespierre», rédigé proba¬$blement entre fin septembre et fin octobre 1794, et un pamphlet intitulé «Capet et Robespierre» où il compare le roi et le tyran. Dans ces textes, Merlin n'est pas tendre pour celui qui se fit appeler successivement: le patriote, l'incorruptible, le vertueux et enfin le grand Robespierre. Il le décrit comme un être inculte, un mauvais orateur, jaloux et perfide.
Au fil de son portrait, Merlin nous décrit plutôt un malade qui s'aimait tellement qu'il devint l'ennemi de tout le monde. Plus qu'un tyran, il nous peint un paranoïaque, «toujours poussé à la fureur par la crainte, à la crainte par la fureur».

Le 8 thermidor, Robespierre, Couthon et Saint-Just - les membres les plus actifs du Comité de salut public - sont mis en accusation par la Convention. Ils se réfugient à l'hôtel de ville, protégés par la Commune. Merlin y pénètre le premier, précédant Barras, nouveau commandant de l'armée. Témoin de la tentative de suicide de Robespierre, il conduit le cortège qui emmène le dictateur sur une civière, en le protégeant de la vindicte populaire. Il dit: «Taisez-vous. Vous l'avez flatté quand il était puissant, respectez aujourd'hui son malheur». Suite à sa participation active lors du 9 thermidor, Merlin de Thionville est nommé président de la Convention du 1er au 14 fructidor an II.

(texte de Sylvain Chimello, L’ami hebdo 11 février 2007)