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Aimé de Lemud

Né à Thionville le 19 septembre 1816, peintre, dessinateur, graveur, sculpteur, ferronnier, a pris rang parmi les représentants du grand mouvement artistique commencé en 1830.

Il publie en 1832, dès l’âge de 16 ans, une première lithographie : « Ombres chinoises ». Il prend des leçons de dessin à Pont-à-Mousson, puis à Metz dans l’Atelier de Maréchal. Part en 1837 pour Paris, où commencent pour lui des années très dures : son père déçu de le voir préférer les arts au droit, le réduit à la portion congrue. Il retrouve dans la capitale, un camarade de collège de Metz, Th. Devilly, qui devait devenir de son vivant un peintre renommé et faire partie avec lui de « l’Ecole de Metz ».

Très vite, une lettre de recommandation de Charles Nodier lui donne accès aux soirées de l’Arsenal, où se réunissait l’élite des peintres et des écrivains, et il collabore à la revue l’Artiste, dont la collection reste le plus fidèle résumé de l’art sous Louis-Philippe. Il y publie 12 lithographies de 1837 à 1841. En dehors de la revue il publie en 1838 « Maître Wolframb », puis « Hélène Adelsfreit » qui connurent un succès » pour lequel aucun qualificatif n’est de trop ». (Henri Béraldi : les graveurs du XIXème siècle).

En 1843, il illustre, de 68 dessins, l’Illiade, tandis que son ami Devilly illustre l’Odyssée.

En 1844, il obtient au Salon de Metz, une médaille de peinture pour « le Prisonnier ». La même année, il participe à l’illustration de Notre-Dame de Paris, de Victor Hugo, avec des graveurs renommés de l’époque. Cette édition de Pérotin compte parmi les productions les plus remarquables de la librairie du milieu du XIXème siècle.

Le même éditeur lui demande ensuite d’illustrer les trois volumes des Chansons de Béranger, qui parurent entre 1847 et 1857. Il ne devait plus par la suite participer à l’illustration d’ouvrages.

A partir de 1839, Aimé de Lemud revient chaque année à Metz, passer quelques mois dans sa famille. C’est dans cette ville qu’il se marie en 1848. Il fait alors de la Lorraine sa résidence habituelle, coupée de quelques séjours à Paris. Il renoue avec l’Ecole de Metz, s’initie au métier de graveur en 1848 et jusqu’en 1855 exécute une série d’eaux-fortes. Très musicien, Aimé de Lemud, donne chez lui des auditions musicales. Ses préférences vont vers Beethoven, auquel il rend hommage par une gravure, récompensée en 1863 par la décoration de la Légion d’Honneur.

Après l’annexion en 1873, il se fixe à Nancy. A la mort de sa fille la plus jeune, en 1875, il se tourne vers Dieu avec la plus grande ferveur, détruit toutes les œuvres profanes qu’il a en cours et mène une vie très retirée.

Il meurt à Nancy le 8 avril 1887.

L’art de la lithographie et de la gravure devait peu à peu être détrôné pour longtemps par la photographie.