L'objet du mois

Retrouvez chaque mois la description d'un objet issu de l'un des fonds des Archives Municipales. Vous découvrirez alors un aperçu des trésors insoupçonnés qui sont conservés à Thionville.

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Passeport et visa

En décembre 1836, la demoiselle Louise Sréphanie Petit, couturière de son état, décide de se rendre à Metz. Un voyage qui, aujourd’hui, s’effectue sans difficulté demandait jadis des démarches administratives auprès de la municipalité de départ pour obtenir le fameux sésame : « le passe-port à l’intérieur ».

Ce document qui donne un signalement précis du porteur (âge, taille, couleur des cheveux, etc.) et qui permet de suivre à la trace les déplacements des individus remonte à une autre époque.

En France sous le règne de Louis XIV, le roi et son administration sollicitaient pour les français se rendant à l'étranger la protection des autorités des autres nations. Il leur signait des documents appelés « passe-port », la plupart des voyages s'effectuant par mer.

Au cours du siècle suivant les autres pays d'Europe adoptèrent le même système. En plus des passeports émis par le pays d'origine se pratiqua la demande d'un visa pour entrer dans le pays de destination.

A partir de 1724, les vagabonds eux furent tenus d'avoir un passeport spécial.

Avec la Révolution on vit s'instaurer à partir du 1er février 1792 un passeport pour se déplacer à l'intérieur de la France, et sortir de son canton.

Il existait les passeports pour l'intérieur (pour aller de province à province) et aussi des passeports pour partir à l'étranger cinq fois plus chers. Ceux de l'étranger étaient délivrés par la préfecture et les sous-préfectures, ceux de l'intérieur l'étaient par les maires et à Paris, par le préfet de police.

De 1815 à 1870 c'est le décret du 10 vendémiaire an IV (2.10.1804) qui oblige les gens à avoir un « passeport à l'intérieur » (2 francs) pour quitter les limites du canton et « un passeport à l'étranger » (10 francs) délivré par la préfecture pour voyager hors des frontières.

Ce décret subit des modifications successives en 1807, 1810, 1814, 1815,1816, 1818, 1823 mais sans remettre en cause le passeport. En 1828 les gens doivent dire combien ils ont d'argent à emporter afin de ne pas être à charge des communes portuaires, doivent être en règle vis à vis du fisc, les jeunes gens de justifier leur situation militaire.

L'usage des passeports pour l'intérieur fut peu à peu abandonné à partir de 1860.

 

Titre : Passe-port à l’Intérieur valable un an

Date d’édition : 1836

Format : 35 x 25 cm.

Cote : 42 Z 121

 

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