Une cohabitation difficile

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La vie fût rude pour ces nouveaux arrivants qui, en plus d'être protestants, incarnaient l'envahisseur. Ces seuls critères entraîneront une cohabitation plus qu'ombrageuse surtout au niveau de deux aspects : l'inhumation et les mariages mixtes.
En ce qui concerne les enterrements, une règle avait été édictée (loi du 23 prairial an XII) concernant l'attitude à adopter face à ce dilemme. Ces derniers n'ont pas le droit de se faire enterrer dans un cimetière catholique. La règle prévoit toutefois l'établissement d'une séparation là où il y aurait une communauté importante. Il existait, au cimetière de la ville, un emplacement pour les sépultures protestantes. Mais, la population huguenote ayant considérablement crû depuis l'annexion, les terrains qui lui étaient destinés devinrent vite insuffisant. Il fallait donc rapidement trouver une solution. Pour les catholiques thionvillois, le problème ne semblait pas si pressé et les protestants pouvaient bien attendre encore un peu.
Outre ce manque de place, la majorité des gens de cette confession se plaignait de la manière dont leurs proches étaient inhumés.
Ainsi,  en 1873,  éclata une affaire au sujet d'une petite fille de 4 ans qui, faute d'être catholique, dû être inhumée dans l'endroit le plus retiré du cimetière, dans un endroit dit "non bénit" . En 1876, le commandant de la place protesta également contre le comportement des catholiques. Depuis 1871, les militaires protestants sont enterrés le long du mur de clôture du cimetière, place réservée normalement aux réprouvés. Ceci illustre bien les idées qui régnaient en ville. Opinion qui se trouvait d'ailleurs confortée par la supplique de l'évêque qui ne cesse de rappeler la règle juridique. Ainsi, dans une lettre du 8 juillet 1875, l'évêché répond au Président de Lorraine en mentionnant "que les catholiques déclarent ces cimetières profanés quand on y a enterré, ailleurs que dans un endroit particulier, réservé à dessein et non bénit, toute personne étrangère par sa créance bien connue au catholicisme".
Toutes mairies qui ne respecteraient pas cette législation risqueraient des punitions disciplinaires. C'est donc sous couvert des autorités municipales et surtout épiscopales que les catholiques n'hésitèrent pas à assurer leur domination. Toutefois, la situation devenant de plus en plus critique, la mairie dû se résoudre favorablement à la demande des autorités concernant l'attribution d'un terrain réservé aux seules tombes protestantes.
Autre problème, non moins important, concerne celui des mariages mixtes que certain n'hésite pas à qualifier de "funeste mariage mixte".
Afin de mesurer les risques encourus, l'évêché demanda à tous ses ministres d'établir une statistique qui permettrait de mieux visualiser dans quelles localités "le puit de l'abîme est le plus large et absorbe le plus grand nombre de victimes".
Ce rapport permet de constater que la plupart des grands centres industriels et villes de garnison sont touchés par ce phénomène. Thionville n'y échappe pas et se trouve même en bonne position (3ème derrière Metz et Sarreguemines). On peut dénombrer, pour cette seule localité, 201 mariages mixtes, sur une période allant de 1880 à 1900 (91 en 1890 dont 50 irréguliers et 110 en 1900 dont 58 au temple). Ces résultats doivent être néanmoins nuancés, dans la mesure où les Thionvillois ne sont pas les seuls concernés. En effet, cette statistique a également comptabilisé les mariages mixtes entre Allemands catholiques et protestants. Ceci étant dit, les Thionvillois arrivent tout de même en deuxième position.
L'inquiétude régnait au sein des familles. Le danger résidait d'une part dans le fait de voir le conjoint se marier dans l'église de l'autre partie, accomplissant une sorte de désertion. L'autre risque était de voir les enfants, issus de ces mariages, être entraînés de l'autre côté de la barrière, c'est-à-dire vers le protestantisme. Car, même si l'église catholique exige de la partie protestante, comme condition du mariage, la promesse d'élever les enfants à venir dans la religion catholique, ces promesses "arrachées" ne sont pas toujours tenues. M. le curé de Thionville confirme cet état de fait en soulignant que les mariages mixtes ont toujours pour conséquence la perversion de la partie catholique et de tous les enfants qui, dans la majorité des cas, sont tous élevés dans le religion protestante.

Avant 1871, la Moselle catholique ne connaissait guère ces problèmes qui allaient envenimer la vie de la cité. Il faut dire que la population catholique de Thionville, comme ailleurs, n'était pas préparée à une authentique cohabitation avec une autre communauté qui, en plus d'être protestante, incarnait l'envahisseur germanique. Que de chemin parcouru depuis ces années qui nous semble tellement éloignées et pourtant si proches de nous. A peine un siècle que ces événements se sont déroulés. Aujourd'hui, Thionville a retrouvé son calme et les deux religions hier ennemies sont actuellement liées par un lien de fraternité.

Visite de soutien de Mgr Benzler à la communauté catholique de Thionville dans les années 1900.
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Réforme nationale du stationnement à partir du 1er janvier 2018

28 Déc. 2017

A partir du 1er janvier 2018, la dépénalisation du stationnement entrera en vigueur partout en France, en application de la loi dite MAPTAM (Modernisation de l'Action Publique Territoriale et d'Affirmation des Métropoles). A Thionville, le stationnement par horodateur, sans augmentation de tarifs, gagne en simplicité, en souplesse et propose des temps de gratuité plus longs à l’usager.

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