Chenilles urticantes : la lutte continue !

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11 Mai 2022

 

 

 

 

 

 

 

Avec l‘arrivée des beaux jours, les chenilles processionnaires font leur retour. Le plaisir le grand air dans les forêts ou parcs et jardins de la ville est, cette année encore, contrarié par la prolifération des chenilles processionnaires urticantes.

Depuis quelques années maintenant elles font des ravages avec leurs poils qui peuvent provoquer d ’importantes réactions allergiques comme des boutons, des démangeaisons, des yeux rougis et gonflés ou encore des œdèmes de Quincke.

Quelles actions pour limiter les chenilles processionnaires du chêne ?

Des moyens sont mis en œuvre par la Ville afin de limiter les nuisances. Ainsi pour prévenir le développement des chenilles et limiter leur impact, début mai, la Ville a procédé à des opérations de pulvérisation de Bacillus Thuringiensis notamment sur les chênes de Parc Napoléon. Le Bacillus Thuringiensis est une bactérie qui agit comme un bio-insecticide, détruit les chenilles qui l’ingère et cela de façon sélective sans toucher d’autres insectes.



 

Des conséquences pour les arbres

La chenille processionnaire du chêne est un ravageur spécifique des chênaies à feuilles caduques. Les chenilles de ce lépidoptère peuvent occasionner des défoliations importantes, surtout visibles de juin à mi-juillet. Les chenilles processionnaires du chêne agissent fréquemment de concert avec d'autres défoliateurs, et il n'est pas toujours facile à la seule observation des arbres de bien identifier le ou les responsables des dégâts. 

En général, une défoliation, même totale, ne provoque pas directement la mort des arbres atteints. Cependant, après de fortes défoliations répétées sur plusieurs années ou en présence d'importants facteurs complémentaires de stress, l'affaiblissement des chênes pourrait parfois conduire à des dépérissements avec attaques par des ravageurs secondaires ou des pathogènes. 

Et pour les humains et les animaux 

La chenille processionnaire du chêne est également connue pour être dangereuse pour l'homme et les animaux de compagnie. En effet, avec ses poils urticants, elle provoque des réactions allergiques, même chez les personnes non-allergiques aux piqûres d'insectes. Elle peut également provoquer des lésions oculaires.

Afin de limiter les risques, quelques précautions sont à prendre.

Les précautions à prendre

Voici quelques consignes sanitaires 

  • Être vigilant lors des promenades en forêt
  • Porter des vêtements protecteurs (manches et pantalons longs, couvre-chef et éventuellement lunettes)
  • Eviter de se frotter les yeux en cas d’exposition mais aussi pendant et au retour d’une balade
  • En cas de doute quant à une exposition aux poils des chenilles, prendre une douche et changer de vêtements en rentrant

Quelques conseils aux riverains de forêts ou d’arbres infestés 

  • Ne pas faire sécher le linge en extérieur surtout par temps venteux
  • Laver soigneusement les fruits et légumes du jardin
  • En cas de doute quant à une exposition aux poils des chenilles, prendre une douche et changer de vêtements
  • Les personnes précédemment atteintes par les chenilles urticantes doivent éviter tout nouveau contact car des réactions de plus en plus sévères sont à craindre

Quels sont les symptômes si vous avez été ou êtes exposés à des poils de chenilles urticantes ?

Par leur structure particulière, les poils s'accrochent facilement à la peau ou aux muqueuses et provoquent des réactions irritatives et inflammatoires (notamment de l’urticaire) accompagnées ou non de réactions allergiques.

Les poils apparaissent sur les chenilles aux alentours de la mi-mai et jusqu’à la fin du mois de juin.

En cas de contact avec la peau :

Apparition dans les huit heures d'une éruption douloureuse avec de sévères démangeaisons. La réaction se fait sur les parties découvertes de la peau mais aussi sur d'autres parties du corps. Les poils urticants se dispersent aisément par la sueur, le grattage et le frottement ou par l'intermédiaire des vêtements.

En cas de contact avec les yeux :

Développement après 1 à 4 heures d'une conjonctivite (yeux rouges, douloureux et larmoyants).

En cas de contact par inhalation :

Les poils urticants irritent les voies respiratoires. Cette irritation se manifeste par des éternuements, des maux de gorge, des difficultés à déglutir et éventuellement des difficultés respiratoires.

En cas de contact par ingestion :

Il se produit une inflammation des muqueuses de la bouche et des intestins qui s'accompagne de symptômes tels que de l'hypersalivation, des vomissements et des douleurs abdominales.

Comment traiter ces symptômes ?

La plupart des symptômes sont dérangeants mais peuvent être traités de manière symptomatique.

En cas de contact avec la peau :

  • Enlever tous les vêtements et les manipuler avec des gants
  • Laver les vêtements à la température la plus élevée possible et les sécher dans la mesure du possible au sèche-linge
  • Laver la peau abondamment à l'eau et au savon
  • Eventuellement se servir de ruban adhésif pour décrocher les poils urticants de la peau, un peu à la manière d'une épilation
  • Brosser soigneusement les cheveux si nécessaire
  • Les médicaments antihistaminiques peuvent soulager les démangeaisons. Consultez un médecin en cas de forte éruption cutanée

En cas de contact avec les yeux :

  • Les yeux doivent être rincés à l’eau claire, idéalement dans un cabinet médical

En cas de contact avec les voies respiratoires :

  • L'évaluation des symptômes respiratoires se fait par un médecin. Celui-ci donne un traitement adapté aux symptômes

En cas d’ingestion de poils :

  • Diluer la quantité de poils ingérés en buvant un grand verre d'eau. On peut tenter d'enlever les poils de la muqueuse de la bouche en raclant prudemment à l'aide d'une spatule ou d'une compresse ou en les "épilant" à l'aide de ruban adhésif
  • En cas de symptômes légers, consultez votre médecin traitant ou un médecin généraliste
  • N’appelez le 15 ou consultez un service d’urgences uniquement en cas d’apparition de signes graves tels que : vomissements, malaise, vertiges, difficultés à déglutir, difficultés respiratoires ou atteinte sévère des yeux

Les traitements possibles 

Le Bacillus thuringiensis

Chaque année, tous les sites touchés en ville sont recensés pour permettre une prise en compte systématique l’année suivante. Certaines rues, peuplées de chênes, sont même traitées de façon préventive, afin de limiter les désagréments en cas de nouvelle infestation.

Le Bacillus thuringiensis agit par ingestion comme insecticide sélectif des chenilles. Les jeunes chenilles sont une cible de choix car elles se nourrissent beaucoup, tandis que les plus anciennes sont moins impactées. 

Il ne détruit pas les autres insectes qui peuvent être des auxiliaires bienvenus au jardin (coccinelle...) mais attention, il s'attaque à toutes les chenilles, donc aux jolis papillons pollinisateurs. Il convient donc de l'utiliser correctement. Pour les particuliers, il est donc préférable de vérifier si les chenilles velues sont bien des processionnaires du chêne avant de traiter, au risque de causer du tort à notre belle biodiversité ! La meilleure solution reste la pose de nichoirs dans les jardins et sur les balcons. Et oui, les mésanges ne sont pas froussardes !

Des prédateurs naturels

Afin de lutter encore plus efficacement contre ce phénomène, la Ville de Thionville développe depuis plusieurs années, en partenariat avec les associations environnementales (Les Pieds sur Terre, la LPO), des ateliers de fabrication de nichoirs pour permettre la reproduction de la mésange. De nombreuses actions ont été notamment menées dans les écoles thionvilloises, dont certaines sont déjà équipées de ces nichoirs. Voir le tuto "Fabriquer un nichoir à mésanges"...

 

 

Le piégeage par phéromone

La capture des papillons mâles grâce au piège à phéromone permet de réduire la fécondation des femelles et donc la ponte dans les arbres. Le piège diffuse des effluves synthétiques imitant les odeurs sexuelles des femelles de Thaumatopoea pityocampa. Le papillon mâle entre dans le piège croyant rencontrer une femelle et y restera piégé.

Et chez vous ?

Il est possible de mettre en place des nichoirs à mésange, grandes prédatrices de ces petits insectes.

Du papillon à la chenille … urticante

Afin de comprendre leur présence croissante, il faut se pencher sur le cycle de la chenille processionnaire du chêne. 

Le cycle de la processionnaire du chêne Thaumetopoea processionea est caractérisé par une seule génération d’individu par an. C’est la raison pour laquelle, on ne retrouve des chenilles qu’au printemps, contrairement à d’autres espèces qui se reproduisent plusieurs fois au cours de la belle saison.

 

Les papillons (adultes volants) émergent pendant l’été de fin juillet à fin août. Ayant une faible espérance de vie, de 1 à 2 jours. Ils se reproduisent rapidement. 
 

L’accouplement est stimulé par l’émission d’un bouquet phéromonal émis par la femelle pour attirer le mâle. Ce qui permet à nos services de limiter les vols par du piégeage. 

La femelle dépose ensuite une ponte unique contenant une centaine d’œufs sur des rameaux de chêne. Ce qui explique que toutes les apparitions de nouveaux foyers ne peuvent être anticipées. Chaque femelle fécondée ira pondre sur un arbre déjà    touché, ou plus loin, sur un arbre non infecté.

Les œufs restent en place jusqu’au printemps suivant, et n’éclosent que vers avril, au moment du débourrement des chênes. Il est impossible de déterminer une date précise d’éclosion, et donc de traitement, car cela dépend des températures printanières, plus ou moins élevées en fonction de l’année.

Les larves (chenilles) traversent six stades successifs caractérisés par une augmentation croissante de leur taille.

Durant les deux premiers stades, elles restent à l’endroit de la ponte, où elles se nourrissent des jeunes feuilles de chêne venant de débourrer. A ce moment, elles ne sont pas urticantes. 

A partir du 3ème stade larvaire, elles deviennent plus mobiles, et se mettent à tisser de véritables nids dans lesquelles elles s’abriteront le jour et qu’elles quitteront la nuit en procession pour aller se nourrir.

C’est également à partir de ce stade, que les chenilles présentent des soies urticantes. Ces soies, en forme de harpon, sont microscopiques et contiennent des protéines urticantes analogues à celles de la processionnaire du pin. Les chenilles les libérant dans l’atmosphère en cas de stress. A la fin du 6ème stade que les chenilles commencent à se nymphoser, et tissent un cocon de soie, la chrysalide, de laquelle les papillons émergeront.

Attention toutes les chenilles velues ne sont pas urticantes !

Processionnaires et autres chenilles « poilues » : ne les confondez plus !

Les chenilles processionnaires se rencontrent uniquement et exclusivement sur les chênes. 

Par conséquent, si vous avez trouvé un groupe de chenilles se nourrissant d’autres plantes que celles citées ci-dessus (arbres fruitiers, plantes basses…), il ne peut pas s’agir de processionnaires. Il s’agit forcément d’une autre espèce. Vous ne verrez jamais, dans des conditions naturelles, des chenilles processionnaires se nourrir dans un cerisier ou dans un massif d’orties. 

Les chenilles processionnaires se rencontrent à une période bien précise de l’année : 

  • La processionnaire du chêne se rencontre surtout de mai à juillet. Chez cette espèce, la procession n’est pas systématique, puisque la nymphose n’a pas lieu au sol mais dans les bourses de soie qu’elles tissent contre les troncs et les grosses branches des chênes. Il arrive cependant qu’elles se déplacent en procession, pour passer d’un chêne à l’autre par exemple. 

Les chenilles processionnaires vivent en groupe. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’on les appelle processionnaires : c’est parce qu’elles se déplacent les unes derrière les autres, comme lors des processions religieuses. Bien sûr, il peut arriver qu’un coup de vent fasse tomber une chenille de son arbre, mais c’est très rare.

De nombreuses chenilles françaises peuvent être confondues avec les processionnaires. Gardons à l’esprit que le territoire français héberge près de 5000 espèces de Lépidoptères - et donc, de chenilles - différentes, dont trois seulement sont potentiellement dangereuse pour l’homme. Inutile donc de s’alarmer face à la moindre chenille poilue, ou de chercher à la détruire avant même de l’avoir identifiée. Dans la plupart des cas, même pour les chenilles urticantes, il suffit de s’éloigner de la zone concernée. Le mieux reste, lorsque cela est possible, d’apprendre à nos enfants à ne pas toucher les chenilles poilues, et de surveiller les déplacements de nos animaux domestiques lors des périodes de processions.

La Processionnaire du chêne (Thaumeotopoea processionea)

Quelques chenilles du moment

 

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