Le 14 juillet 1790, date de la Fête de la Fédération

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13 Juill. 2022

Depuis l'été 1789, dans toutes les provinces françaises se sont créées des "fédérations" régionales de gardes nationaux. Une réaction à l'affaiblissement du pouvoir central. Face à ce mouvement spontané, la Commune de Paris, sous l'impulsion de Lafayette, adopte le principe d'une grande Fédération nationale regroupant des représentants des fédérations locales qui doivent se réunir à Paris le 14 juillet 1790.

Si elle célèbre la prise de la Bastille, la manifestation apporte un sentiment général d'ordre et d'unité dans un pays en crise. Le jour dit, 14 000 soldats fédérés arrivent donc à Paris et défilent sous la bannière de leur département, de la Bastille jusqu'au Champ-de-Mars, qui est aménagé pour l'occasion et bordé par deux monticules de terre, élevés pour accueillir 400 000 spectateurs. Sur l'esplanade, bourgeois, aristocrates, gens du peuple, hommes et femmes mêlés, assistent nombreux à la cérémonie elle-même : une grande messe est célébrée par Talleyrand. La Fayette, en tant que capitaine de la garde nationale parisienne, prête le serment de la Constitution décidé par l'Assemblée nationale ; puis le roi Louis XVI jure de maintenir la Constitution. L'aspiration à l'union nationale triomphe et la cérémonie se transforme en grande fête populaire.

Thionville, petite ville de province, acquise aux idées de la Révolution, se met au diapason. Comme sa grande sœur, Paris, elle organise sa Fête de la Fédération qui va regrouper à la fois les autorités municipales en costume, avec en tête Nicolas Hentz (élu maire au début de l’année), la garde nationale avec la troupe de ligne et les religieux (prêtres et les communautés religieuses : Clarisses, Augustins, et Capucins).Civils, militaires et religieux réunis au grand complet qui pour l’occasion sont invitées à prêter le serment civique qui est issu de la « Constitution civile du clergé », adoptée à Paris, le 12 juillet, par l'Assemblée constituante. Une mesure qui sera la cause d’une véritable rupture au sein du clergé qui aura donc à choisir entre Rome et la Révolution.


De cette journée, les Archives municipales conservent le procès-verbal signé par les participants eux-mêmes dont le nom va rester dans l’histoire notamment celui de Merlin qui n’était encore qu’avocat au Parlement de Metz. On retrouve également la signature du curé Tinot. Si le premier va par la suite entamer une carrière politique comme député et commissaire aux armées du Rhin, le second sera remplacé, dès 1791, par Jean-Claude Dumère avant d’être arrêté et mourir en 1794 sur le « Washington », navire qui devait l’emmener en déportation. Jacques Rolly, quant à lui, prendra le poste de maire au décès de Hentz avant de devenir le premier sous-préfet de Thionville.


Dans le registre des comptes (CC27) on retrouve le nom de quelques artisans qui, pour avoir apporté leur concours à cette manifestation, se font rembourser leur ouvrage. On retrouve ainsi le notable Jaunin qui se faut payer pour une journée de manœuvre et la décoration de la cérémonie, le verger de la paroisse M. Georgin pour le prêt de chaises et le menuisier Claude Him pour un ouvrage fait pour la fédération. Le peintre Colignon et le sergent de la ville Charles Gacher se font également défrayer, le premier pour son ouvrage et le second pour indemniser la garde nationale.

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