Un Thionvillois est honoré à Paris

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objet du mois
25 Janv. 2019

En 1817, un petit garçon voit le jour au numéro 36 de la rue de l’Ancien Hôpital et son père, le capitaine Lecomte, décide de le prénommer Claude Martin. Bon sang ne saurait mentir et c'est pourquoi le jeune suit la même voie que son paternel et intègre l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr. Après une brillante carrière d’officier, notre Thionvillois accède au rang de général et participe à la guerre de 1870 qui vire au cauchemar et notre général se retrouve plongé dans les événements parisiens qui vont lui être malheureusement fatals.

Le bruit courait que l’Assemblée voulait désarmer Paris pour proclamer la monarchie. Aussitôt une foule irritée de femmes, d’enfants et sans cesse grossissante enveloppa Lecomte et ses soldats. Pour  les intimider, le général demande à ses hommes de se mettre en position de tir. Les femmes haranguent  les soldats parmi lesquelles se trouve une certaine Louise Michel. La situation devenant de plus en plus menaçante il invite ses soldats à charger les fusils et sortir les baïonnettes pour disperser la foule. L’ordre tombe à plusieurs reprises mais sur l’instruction d’un sergent, Galdric Verdaguer, ceux-ci mettent la crosse en l’air et fraternisent avec le peuple et la Garde nationale.
Le général Lecomte est aussitôt fait prisonnier par la Garde nationale. Il est gardé dans le parc du Château-Rouge (qui se trouverait aujourd’hui entre les 42 à 54 rue de Clignancourt et la rue Custine), puis transféré au comité local de la Garde nationale, 6 rue des Rosiers (aujourd’hui au niveau du 36 rue du Chevalier-de-la-Barre). Plus tard dans la journée, le général Clément Thomas, parti à la recherche de Lecomte, est reconnu place Pigalle malgré ses habits civils et arrêté. Il rejoint Lecomte rue des Rosiers.
Des inconnus (leurs propres soldats, selon Lissagaray) débordent la Garde nationale et les exécutent le soir même. La nouvelle fait aussitôt le tour de Paris et bientôt de la France, symbolisant aux yeux des Versaillais le caractère sanguinaire des insurgés.
Une loi du 26 mars 1871 porte que l’assassinat des généraux Lecomte et Thomas est un deuil public et qu’un monument funèbre leur sera élevé aux frais de l’Etat. Une loi du 26 mars 1871 porte que la famille du général Lecomte est adoptée par la Nation. Par une loi du 1er mars 1872, une pension est même accordée à la veuve (pension nationale, annuelle et viagère de 4 000 francs, réversible sur la tête des enfants qui lui survivront).
Cette pension se cumulera avec celle de 2 600 francs à laquelle elle avait droit comme veuve d’un général de brigade tué à l’ennemi.

Titre : Inauguration au Père-Lachaise du monument des généraux Lecomte et Clément Thomas
Date d’édition : 1871
Format : 37 x 25,5 cm.
Cote : 241 Fi 336

 

 

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