Le protestantisme à Thionville sous l'ancien régime

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Le troisième centenaire de la Révocation de l'Edit de Nantes (1685) nous donne l'occasion de nous pencher sur les origines de la religion protestante à Thionville. Dès les premières tentatives de propagation des idées de réforme par les princes allemands au Luxembourg, les souverains espagnols réagirent fermement pour dissuader leurs sujets d'adhérer à cette «hérésie» en utilisant un arsenal législatif impressionnant (condamnations, confiscations de biens...).

Dans ce duché de Luxem­bourg stratégiquement vital pour l'Espagne, seules deux zo­nes furent touchées : le comté de Manderscheid - Schleiden et les places fortes frontalières du sud, en raison de l'influence des calvinistes sedanais et des luthériens messins.

A Thionville, un curé et un carme messins, Jean Brenon et frère Michel, vinrent prêcher et en 1524 Claussequin d'AYS signalait que la ville comptait «une dizaine de bons évangélistes».

Différentes références historiques attestent la présence d'une petite communauté à Thionville au XVème siècle : en 1560 un pro­cès retentissant mit en vedette Antoinette de Morlet, épouse d'un capitaine thionvillois, sans que son adhésion à la nouvelle foi fut prouvée ; Marguerite de Parme se plaignit de ce que les habitants de la ville fréquen­taient «les prêches de Metz et d'autres localités entachées d'hérésie»... Au XVIIème siècle, la situation n'évolua guère car seul en 1602 un compte-rendu de visite canonique signale que des parents envoyaient leurs enfants étudier à Metz, ce qui avait pour conséquence de les mettre en contact avec les protestants messins. Une con­frérie du Saint Sacrement fut érigée pour veiller à ce que les Thionvillois cessent cette prati­que néfaste.

C'est dans ce but  et pour lutter contre  «l'advoisinage des huguenots» que les jésuites cherchèrent vainement entre 1625 et 1629 à ouvrir un collège dans la ville.

La Réforme Protestante pénétra peu dans le duché de Luxem­bourg, du fait du contrôle et de la répression exercés par le pouvoir espagnol, de la fidélité de la noblesse à sa religion traditionnelle, mais surtout grâce à l'ampleur de la Réforme Catho­lique qui empêcha la propaga­tion de la nouvelle foi.

Thionville se distingua toute­fois du reste du Duché mais ce phénomène resta exceptionnel. Après la prise de la ville par la France, et malgré lu présence du pasteur Paul Ferry qui fit un important sermon dans le camp du général de Gassion le 12 juillet 1643, les Thionvillois ne subirent pas plus l'influence messine malgré la disparition de l'obstacle frontalier. II reste que lors de la Révocation de l'Edit de Nantes, Thionville ne subit pas la véritable saignée d'élites actives que connut la ville épiscopale.

Thionville se tint donc du­rant cette période noire à l'écart de cette triste intolérance reli­gieuse et ne connut heureuse­ment ni dragonnades, ni délation.

Ce n'est qu'au travers des regis­tres paroissiaux que l'on ren­contre quelques cas d'abjuration au XVIIIème siècle, mais ils furent uniquement le fait d'im­migrés et de soldats.

 

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29 Nov. 2018

Au premier janvier 2019, les différentes structures qui concernent, au sein du Centre Communal d’Action Sociale de Thionville passeront sous le giron de l’Agglo. Une évolution somme toute logique, qui permet de regrouper tous les établissements en charge des petits de 10 semaines à 4 ans au sein de la même entité.

Du 27 Nov. au 05 Janv.
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